EGYPTE, AVENEMENT D’UN NOUVEAU « DERANGEUR » ?

Difficultés de connexion, mauvaise forme, longs et éprouvants déplacements m’ont éloigné un moment de cet espace d’expression et d’échange. Je suis heureux de le retrouver pour, avec vous, poursuivre un compagnonnage devenu indispensable à mon bonheur. J’ai dit « bonheur« , oui. C’est le terme qui convient quand on arrive à donner un sens à sa vie.

L’évènement du week-end, c’est l’élection de Mohamed Morsi, candidat des « Frères musulmans » comme nouveau « Rais » d’Egypte. A ce propos, l’Occident semble partagé entre la sourde et inavouable colère, d’une part et, d’autre part, la satisfaction, quand même, de voir ce scrutin connaître une conclusion conforme à la volonté des égyptiens.

  EGYPTE, AVENEMENT D'UN NOUVEAU

Le quotidien communiste français « l’Humanité », faisant preuve d’une honnêteté exemplaire, annonce, en manchette que « L’annonce de la commission électorale a été accueillie par des cris de joie des manifestants massés sur la place Tahrir au Caire », avant d’écrire plus loin : « De nombreux Egyptiens et des millions de personnes dans la région considéreraient une victoire de l’ex-général Chafik comme un coup mortel aux révolutions du Printemps arabe de 2011 ».

De son côté, « Libération », un autre quotidien,  se plaît à brocarder copieusement le nouveau Président en raillant : « Comment ce petit Frère musulman dans le rang, grandi dans l’ombre des caciques de la confrérie, a-t-il pu devenir le père de la plus grande nation arabe ? Comment celui qui n’a pas senti la révolution s’en retrouve-t-il l’héritier et l’exécuteur testamentaire ? C’est presque par hasard que Morsi est assis dans le fauteuil présidentiel (…) ».

Pourtant 13 millions de citoyens, c’est-à-dire plus de la moitié des électeurs égyptiens, ont exprimé leur préférence pour cet homme que « Libé » traite avec autant de dérision. En vérité, ce qui s’exprime là, c’est un sentiment assez partagé dans la société française, d’une peur mêlée tout naturellement à de la méfiance à l’égard d’un parti se réclamant de l’islam voire de « l’islamisme ». Et Libération l’exprime très bien en écrivant : « Au-delà des révolutionnaires, Mohammed Morsi va devoir convaincre la moitié des Egyptiens qui n’ont pas voté pour lui, souvent par crainte d’un Etat islamiste. Malgré des messages rassurants à l’égard des coptes ou des femmes, ce représentant de l’aile conservatrice de la confrérie a maintes fois répété son attachement à la mise en place de la charia. Et on voit difficilement comment «Morsi le réac» va réussir à policer son image alors que ses seuls réels alliés politiques sont à chercher du côté salafiste ».

Ce que l’auteur de ces lignes semble volontairement oublier, c’est :

- 1°) que Morsi peut penser ce qu’il veut, voire même l’exprimer, mais il ne dirigera pas plus de 70 millions d’âmes sur la base de sa seule conception de la « démocratie » ;

- 2°) que les frères musulmans faisaient aussi partie des « révolutionnaires » qui ont manifesté sur la place Tahrir.

A partir de ce moment, la sagesse n’est pas d’opposer un peuple révolutionnaire à un autre dit « islamiste », mais d’aider le nouveau président et son parti à décrypter correctement le message qui a nourri les revendications et protestations de la place Tahrir.

Du reste, il convient aussi de rappeler que la Démocratie, c’est le respect de la voix du Peuple. Dès lors, pourquoi priverait-on celui-ci de la conception qu’il se fait de cette démocratie ? Si un peuple choisit librement, comme en Tunisie et en Égypte, de se faire gouverner par des « frères musulmans », pourquoi devrait-il voir son choix tant raillé et suspecté cependant que personne ne trouve rien à redire sur l’existence, tout près, d’un état juif voire sioniste ?

Heureusement, comme s’il préjugeait des doutes et craintes de l’occident, le président élu a tôt fait de promettre qu’il serait le président de « tous les Egyptiens« , appelant à l’unité nationale et promettant de respecter les traités internationaux signés par son pays. « Nous voulons la paix. Nous allons préserver tous les traités et chartes internationaux, les engagements et accords« , a-t-il déclaré.

Au peuple égyptien de rester vigilent pour qu’il en soit ainsi. C’est lui que ça regarde au premier chef.

 

 serigne malick

 

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