MANIFESTE de l’alliance nationale ADMES-Sénégal

Dans un monde globalisé et caractérisé par une domination sans partage de l’Occident, tant sur le plan économique que dans le domaine si stratégique de la communication, il devient d’autant plus difficile de vivre pleinement sa foi de musulman qu’une grande entreprise de diabolisation et de stigmatisation, initiée et entretenue par les intolérants de tous bords et les intégristes de la « laïcité », a fini de causer de considérables dégâts dans les consciences fragiles.

 

Cette croisade, qui ne saurait prospérer au Sénégal en raison de la longue et solide tradition de cohabitation et de dialogue inter-religieux, prend pour prétexte le développement et les répréhensibles agissements de mouvements dits « islamistes » qui utilisent la violence aveugle comme mode d’expression, causant ainsi un tort considérable à l’image de religion de Paix et de Tolérance qui caractérise l’Islam.

 

Cette situation offre malheureusement à certains Etats et Gouvernements le prétexte rêvé pour justifier une plus grande méfiance à l’égard de tout ce qui touche de près ou de loin à la religion, en général et à l’Islam, en particulier.

 

C’est dans un tel contexte qu’un homme, prenant son courage à deux mains et mettant en avant les acquis construits et entretenus dans notre pays par nos valeureux guides religieux d’hier et d’aujourd’hui, a décidé de saisir l’occasion de son accession à la magistrature suprême du Sénégal pour entreprendre un programme sans précédent de restauration et de modernisation de toutes les cités religieuses de notre pays, toutes confessions confondues.

 

En opérant un tel choix, Son Excellence Monsieur Macky SALL marque une rupture mémorable et rassure tous les croyants en général et, singulièrement, tous les musulmans de ce pays. Les chantiers déjà ouverts ici et là font la fierté de tous les fidèles qui convergent de partout, et à longueur d’année, pour s’abreuver à la source de nos vénérés Guides et de leurs dignes héritiers.

 

Aussi, en citoyens libres, républicains, aimant profondément notre patrie et intéressés à son  développement intégral, mais n’ayant dans ce monde rien de plus important que notre religion et ceux qui en sont les références les plus sûres, prenons-nous ici et maintenant la décision solennelle de lui apporter notre soutien indéfectible par la création de l’Alliance nationale « àndd dooleel Macky pour la défense et l’affirmation des valeurs éternelles de spiritualité dans un Sénégal émergent  (ADMES-Sénégal).  

 

Par la même occasion, nous lançons un appel fraternel aux sénégalais(e)s de toutes confessions, de l’intérieur et de la diaspora, qui partagent notre volonté et notre approche, à prier et agir résolument avec nous pour que, avec l’aide d’Allah, Macky SALL trouve la force, les capacités et la longévité nécessaires à l’achèvement de son œuvre si bénéfique à la tête du Sénégal.

 

Qu’Allah bénisse le Sénégal.

Le Comité Directeur


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Présentation de l’ALLIANCE NATIONALE « ANDD DOOLEEL MACKY POUR LA DEFENSE ET L’AFFIRMATION DES VALEURS ETERNELLES DE SPIRITUALITE DANS UN SENEGAL EMERGENT » (ADMES-SENEGAL)

Depuis bientôt un an, un groupe de compatriotes croyants et républicains travaillent à la mise sur pied d’un cadre large et inclusif capable de regrouper tou(te)s les sénégalais(e)s désireux/ses d’apporter une réponse adéquate au changement de paradigme initié par le Président Macky SALL en termes de modification sensible de la posture de l’Etat par rapport aux centres religieux de notre pays.

 

En effet, dans un contexte international, régional et sous-régional dominé par une certaine méfiance à l’égard du religieux, en général et, singulièrement, par rapport à l’Islam, le Chef de l’Etat sénégalais, en initiant courageusement un programme sans précédent de restauration et de modernisation de toutes les cités religieuses de notre pays, toutes confessions confondues, a choisi d’offrir à l’écrasante majorité de nos concitoyens des conditions et un climat propices au développement d’une pratique religieuse saine, paisible et unificatrice de notre grand peuple, conformément à la longue et solide tradition de cohabitation et de dialogue inter-religieux enracinée par les illustres devanciers de nos Guides actuels.

 

Ce cadre, dénommé Alliance nationale « ANDD DOOLEEL MACKY pour la défense et l’affirmation des valeurs éternelles de spiritualité dans un Sénégal émergent » (ADMES-Sénégal), a déjà franchi des étapes décisives et comptabilisé des acquis significatifs dans sa marche vers le rassemblement des sénégalais(e)s de toutes confessions pour, d’une part, apporter notre soutien à Macky SALL afin qu’il puisse achever l’œuvre gigantesque et noble qu’il a entreprise et, d’autre part, œuvrer à la protection et au renforcement des valeurs spirituelles qui font de notre pays un espace de pratique religieuse paisible et exaltante.

 

L’alliance nationale ADMES-Sénégal s’honore en effet d’avoir reçu le soutien et les prières de tous les grands foyers religieux du Sénégal et d’avoir déjà enregistré l’adhésion sans réserve de centaines de milliers de sénégalais(e)s à travers le territoire national et la Diaspora. Sa construction, en tant que plateforme de ralliement des larges masses de croyants de notre pays, va se poursuivre au lendemain de cette rencontre, afin de relever les importants défis qui se dressent devant nous.

Qu’Allah nous accompagne dans cette tâche et qu’Il assure à notre Chef d’Etat les grands succès espérés.

Qu’Allah bénisse le Sénégal et les sénégalais(e)s.

Thiès le 12 mars 2016

Le Comité Directeur

DEUX ENFANTS DANS L’ENFER SYRIEN (LU DANS http://tempsreel.nouvelobs.com/)

<< Badi’a et Rawan : enfants et blessées de guerre

Les deux fillettes, blessées par des éclats de mortiers sur le chemin de l’école, se reconstruisent à Zaatari…

DEUX ENFANTS DANS L'ENFER SYRIEN (LU DANS http://tempsreel.nouvelobs.com/)    nouvelle-image-9-300x149

Les deux cousines sont arrivées à quatre jours d’intervalle en ce mois d’octobre 2012. Le camp de réfugiés de Zaatari avait déjà commencé à s’étendre bien au-delà des prévisions onusiennes… La grande majorité des réfugiés syriens de Jordanie vient du sud de la Syrie. Question de proximité géographique.

Badi’a, 10 ans, et Rawan, 12 ans, ont toutes les deux été blessées par des éclats de mortiers, lors d’attaques distinctes, alors qu’elles quittaient leur école, à Al Kharya, près de Deraa. Les bombes n’épargnent pas les chemins de l’école. Rawan est restée deux mois à l’hôpital militaire français qui est dans le camp. Chaque jour, et plus souvent chaque nuit, sont amenés là des blessés du conflit qui se déroule à quelques kilomètres. Et les affrontements entre pro et anti-Bachar ne laissent pas sur le carreau que des hommes en arme. Loin de là. Rawan a dû subir pas moins de six opérations dont, il y a peu, une greffe de peau à sa jambe gauche. Elle vit maintenant avec ses parents, ses deux sœurs et trois frères dans une tente siglée UNHCR, comme environ 100.000 réfugiés ici. La timide semble maintenant en pleine forme. Prête à rejoindre de nouveaux les bancs d’école. Ici, à Zaatari.

Pour Badi’a, ce ne sera pas aussi simple. Les éclats de mortiers lui ont sectionné le nerf sciatique de la jambe gauche et elle ne peut plus désormais marcher. Elle attend une nouvelle opération, à l’hôpital islamique de Amman cette fois, pour se voir confirmer si elle retrouvera un jour ou non l’usage de sa jambe… Jusque-là, pas question d’école! En plus de ses déplacements compliqués en chaise roulante, le risque d’infection est trop grand… C’est cette blessure qui a amené toute la famille de Badia’a vers Zaatari. Lorsqu’elle a été blessée, elle a été immédiatement prise en charge par un hôpital clandestin de l’ALS. Mais les soins nécessaires étaient trop nombreux. Il fallait la transférer. L’armée libre a alors fait partir toute la famille, mettant en place comme elle en a pris l’habitude, à la frontière, chaque nuit, une sorte de corridor de protection pour les familles en fuites. De l’autre côté, les soldats jordaniens attendent avec des cars pour réceptionner les trois à quatre milliers qui arrivent quotidiennement. Badi’a va subir sa onzième opération. A quelques minutes de son départ d’Amaman, elle a l’air serein et continue de taquiner les infirmiers français ou de chercher dans la poche de l’interprète le smart phone qu’il a l’habitude de lui prêter. Tout le monde s’est attaché à la blondinette qui trouve rigolo de s’être fait des « amis français ». Et puis, « il n’y a pas de risques ici » dit-elle. Mais pour le père de Badi’a, aucun doute: dès que sa fille sera guérie, ils repartiront. La maison est encore entière, même si un missile est tombé non loin. Et il a deux magasins à reconstruire.

Avant ses blessures, Badi’a la malicieuse voulait devenir docteur. Et maintenant? « Toujours oui! » répond-elle >>.

Céline Lussato

ET MAINTENANT AU BOULOT Mr OBAMA !

Quand, au grand dam des racistes d’Amérique et d’Europe, et à la surprise générale des africains,  il a été élu pour un premier mandat à la tête des Etats Unis d’Amérique, Barack H. Obama n’a pas manqué de susciter chez tous les progressistes, militants de la paix et simples naïfs de ce monde un optimisme vite perçu comme exagéré. En effet, le Président Obama a vite fait, par ses faits et gestes, de montrer à tous qu’il avait été élu pour, d’une part, faire face aux épineux problèmes socio-économiques des américains et, d’autre part, raffermir le rôle de 1er gendarme du monde que les USA ont bruyamment  inauguré à la suite de l’écroulement du « Camp Socialiste ». Faire plaisir aux américains en leur permettant de satisfaire leur besoin pantagruélique de consommation, d’une part et, d’autre part, cultiver chez eux le sentiment qu’ils dominent le monde. C’est là une exigence à laquelle aucun Chef d’Etat américain n’a jamais pu échapper.

Balloté entre les fameux lobbies (Juif/sioniste et militaro-industriel pour ne citer que les plus anciens) qui gouvernent en réalité les Etats Unis, Obama, fut-il africain, de gauche voire humaniste, ne pouvait point faire exception à la règle. De surcroît, dès lors qu’il s’est montré intéressé par un second mandat, il n’avait plus alors d’autre choix que de « jouer serré », de manœuvrer comme à la barre d’un bateau en pleine tempête, entre ses rêves et le cap indiqué contradictoirement par les uns et les autres.

A présent que ce fameux second mandat est acquis, quel Obama allons-nous découvrir ? Y a-t-il des chances que Mr President s’attaque sérieusement à éteindre les foyers de tension au lieu de les allumer ou de les entretenir ? En particulier, verra-t-on s’inaugurer une nouvelle attitude de l’administration américaine à l’égard des pyromanes de l’administration israélienne ? Les dernières agressions de Tsahal sur Gaza et l’extension des colonies juives en Cisjordanie vont-elles prospérer impunément comme par le passé ? Ou bien allons-nous enfin assister à un coup d’arrêt pour aller vers de sérieuses négociations ? Qui vivra verra ; personnellement, je reste sceptique.

serigne malick

  • Voir article ci-dessous ==> « Obama – Netanyahou : dernier round »

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Lu dans Jeune Afrique

ET MAINTENANT AU BOULOT Mr OBAMA ! 029112012190310000000oba1-300x171

<< Obama – Netanyahou : dernier round

Torpillé par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors de son premier mandat, le président américain Barack Obama profitera-t-il de sa réélection pour revenir à la charge et convaincre Tel-Aviv de ne plus faire obstacle à la création d’un État palestinien viable ?

Fraîchement réélu, le président Barack Obama devrait maintenant chercher le moyen de contenir Israël, de faire cesser et même reculer la colonisation en Cisjordanie et, enfin, d’oeuvrer à la création d’un État palestinien. C’est ce qu’attendent de lui le monde arabo-musulman et tous les hommes de bonne volonté qui souhaitent la paix au Moyen-Orient.

Pourra-t-il y parvenir ? Les obstacles sont colossaux. Les États-Unis sont eux-mêmes profondément divisés sur le sujet. L’islamophobie y est devenue endémique. De puissants lobbys, think-tanks, commentateurs et intérêts financiers vont certainement remuer ciel et terre s’ils sentent Obama se démarquer, ne serait-ce que d’un petit pas, du consensus sur l’« inébranlable » alliance américano-israélienne. Surtout, la Chambre des représentants, dominée par les républicains, se situe majoritairement du côté israélien. Or Obama doit collaborer étroitement avec le Congrès pour trouver des compromis sur les questions intérieures urgentes. Dans ce contexte, serait-il bien avisé pour lui d’aborder le sujet hautement controversé de la crise israélo-palestinienne ?

En Israël, le Likoud de Benyamin Netanyahou s’est allié avec Israel Beitenou, le parti nationaliste d’Avigdor Lieberman, pour la campagne des législatives de janvier prochain. Tout gouvernement issu de cette coalition sera plus déterminé que jamais à se battre pour la constitution d’un « Grand Israël », tout en refusant aux Palestiniens la perspective d’un État. Alors que dépérit le camp de la paix dans l’État hébreu, les forces fanatiques y prospèrent, rassemblant des colons violents et sans contrôle, des nationalistes religieux et autres militants de la droite radicale et raciste. En 1995, Yitzhak Rabin, le dernier Premier ministre israélien à avoir sérieusement envisagé la paix avec les Palestiniens, était assassiné par un Juif fanatique ultraorthodoxe de droite. Quel dirigeant israélien – et quel président américain – oserait courir le même risque ?

L’islamophobie est devenue endémique aux États-Unis.

Aussi importants soient-ils, ces obstacles ne sont pas les seuls qui pourraient se dresser devant une initiative américaine. Toute tentative de Washington pour tempérer la politique israélienne est également limitée par les solides liens intergouvernementaux et économiques forgés depuis des années entre les deux pays, en particulier dans les domaines de la défense et du renseignement. Dans ces secteurs clés de sa sécurité nationale, Washington obtient d’Israël quelques utiles secrets. Enfin, il faut prendre en compte les nombreux engagements qu’Israël et ses amis d’outre-Atlantique – de Henry Kissinger à Dennis Ross – ont arrachés aux administrations américaines successives, comme celui de garantir la supériorité militaire d’Israël sur ses voisins et la promesse de ne rien faire sur le front de la paix sans consulter préalablement Tel-Aviv. En d’autres termes, tout président américain qui voudrait s’investir dans la promotion d’une paix juste et équilibrée au Moyen-Orient se retrouverait pieds et poings liés avant même de se lancer dans une si périlleuse aventure.

Cycle infernal

Pourtant, Obama sait très bien ce qui doit être fait. Si l’expansion des colonies israéliennes se poursuit et si les Palestiniens n’obtiennent pas leur État au cours de son second mandat, il faudra prononcer l’acte de décès de la solution des deux États. Ce qui libérera un tsunami de haine, de frustration et de vindicte aussi bien contre les États-Unis que contre Israël. Combien de temps encore l’État hébreu pourra-t-il continuer d’occuper et d’engloutir la Cisjordanie sans être confronté à une troisième intifada et à la réprobation internationale ? Les événements des deux semaines passées nous ont de nouveau rappelé l’extrême dangerosité d’un affrontement israélo-palestinien avec son cycle infernal d’attaques et de représailles. Israël a délibérément envenimé la crise en assassinant mercredi 14 novembre le chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, meurtre qui semblait destiné à provoquer une réaction violente. Le fils de Jaabari et plusieurs autres Palestiniens, dont un enfant, ont été tués dans ce bombardement ciblé. Comme si l’État hébreu cherchait un prétexte pour envahir de nouveau Gaza. Mais combien de fois encore Israël pourra-t-il envahir Gaza pour éliminer les « terroristes » qui osent se défendre ? Quand est-ce qu’Israël choisira de faire la paix avec ses voisins plutôt que de toujours chercher à les soumettre par la force brutale ? N’est-il pas temps pour les États-Unis de raisonner son impétueux allié ?

Car il ne s’agit pas uniquement d’un problème moyen-oriental, loin de là. Des intérêts vitaux américains sont en jeu. L’alliance « inébranlable » avec Israël expose les États-Unis à la colère des peuples dans la vaste région qui s’étend de l’Afghanistan au Yémen, car au premier rang des griefs arabes et musulmans figure le sort de la Palestine. Obama sait en outre que l’actuelle montée en puissance de l’islam politique dans le monde arabe pose un défi majeur à la présence et à l’influence américaines. La seule manière pour Washington de restaurer sa réputation écornée est de négocier une paix israélo-arabe centrée sur la création d’un État palestinien. Telle était l’idée exprimée par Obama dans son discours du Caire en juin 2009. Elle a été mise en échec par Netanyahou, mais le président réélu doit à tout prix réessayer.

Si Washington veut conserver une influence sur la région, il devra s’élever au-dessus de la mêlée.

Israël a identifié l’Iran comme son plus dangereux ennemi. Mais le militantisme anti-israélien de Téhéran s’évanouirait du jour au lendemain si l’État hébreu venait à conclure une paix honorable avec les Palestiniens. Le seul moyen pour Obama de parvenir à un accord gagnant-gagnant avec l’Iran qui mettrait fin à la menace de prolifération nucléaire et restaurerait les relations entre les États-Unis et la République islamique après trente-trois ans d’une incohérente hostilité est de régler la question israélo-palestinienne.

Principal défi

Si Israël et l’Iran sont à couteaux tirés, c’est essentiellement à cause de la répression impitoyable menée par Israël contre les Palestiniens, pour qui les Iraniens, comme la plupart des musulmans, ressentent une grande empathie. Il y a bien sûr d’autres raisons à cette inimitié réciproque. L’Iran est sous la menace constante d’une attaque israélienne et il est la cible de violentes dénonciations. Israël, en retour, subit la rhétorique agressive de Téhéran. Autre raison fondamentale, Israël considère que sa sécurité nationale passe par l’affaiblissement – idéalement la destruction – de tout voisin susceptible de constituer une menace. L’Irak était la première cible d’Israël, qui a persuadé les États-Unis de le détruire. C’est maintenant au tour de l’Iran de faire face à la charge américaine aiguillonnée par Tel-Aviv. La Syrie, alliée de l’Iran, est en train de s’autodétruire. Mais une fois sa destruction achevée, la vigilance létale d’Israël se tournera sans aucun doute de nouveau contre le Hamas à Gaza et contre le Hezbollah au Liban. L’Arabie saoudite et les pays du Golfe seront-ils les prochaines cibles d’une agression israélienne ?

Obama doit traiter de nombreux dossiers urgents de politique extérieure, dont le recentrage de la puissance militaire américaine en Extrême-Orient pour contenir le défi chinois. Mais il ne peut se permettre de négliger le monde arabo-musulman. Les États-Unis y sont confrontés à leur défi le plus immédiat, plus pressant même que le défi chinois. Amener la paix dans un Moyen-Orient tourmenté sera la tâche principale d’Obama pour son second mandat. Le seul moyen pour les États-Unis d’y parvenir est de s’élever au-dessus de la mêlée et de se montrer enfin capables de traiter avec les deux camps sans préjugé ni parti pris >>.

Un blog en somnolence…

… Ça arrive quand vous êtes trop pris ailleurs ou quand vous traversez un moment difficile : fatigue excessive, mauvaise santé ou perte d’un être cher. Vous avez alors besoin d’une forte impulsion pour vous remotiver et vous remettre en selle.

Ça arrive à tout le monde et cela m’est arrivé. Toutes mes excuses et à bientôt in cha Allah.

smf

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MALI : DIONCOUNDA DE RETOUR. ET APRES ?

Le Président du Mali par intérim, Dioncounda Traoré, est de retour au pays depuis hier. Autant dire que le problème n° 1 des maliens est réactivé. Quand, comme votre serviteur, on a séjourné tout récemment dans ce grand pays pendant près de trois semaines, on ne peut se poser qu’une question : comment les maliens vont-ils s’accommoder de la remise en selle de l’homme politique qu’ils détestent le plus ?

Au demeurant, il serait tout aussi légitime de se demander comment cet homme a-t-il pu cristalliser autant d’antipathie et de défiance de la part d’un peuple dont il a pourtant dirigé l’institution la plus représentative des maliens : le parlement ? A ce propos, justement, 4 maliens sur cinq vous assurent que c’est par un concours de circonstances absolument imprévu qu’il s’est retrouvé au perchoir de l’assemblée Nationale. Quant au choix porté sur lui comme Président p.i., il ne le doit qu’aux « intrigues » des Présidents Alassane Dramane Ouattara[1] et Blaise Compaoré qui sont accusés de jouer, chacun de son côté, « une partition personnelle et intéressée » dans le concert cacophonique des « décisions et contre-décisions incompréhensives de la CEDEAO ».

De loin, je me suis étonné de constater la facilité avec laquelle un Chef d’Etat, fut-il intérimaire, pouvait être coincé dans son palais et bastonné copieusement par des jeunes excités, sans réaction de la part de sa garde rapprochée ( ?!). Le plus étonnant c’est que, visiblement, ces agresseurs n’étaient même pas venus pour tuer. On cherchait juste à « intimider » et « humilier » un homme pour lui enlever l’essentiel de sa dignité et de son envie d’exercer un pouvoir « indûment obtenu ». Contre toute attente, l’homme se révèle tenace dans sa volonté de rester à la barre et de prendre sa revanche sur une population qui le déteste au plus haut point et à qui, probablement, il rend bien ce sentiment.

Aujourd’hui qu’il rentre au pays c’est, paradoxalement, une autre personnalité qui a toujours joui d’un profond respect et d’une grande admiration de la part des maliens voire, au-delà, de tous les fils et filles d’Afrique, qui semble tomber en disgrâce. Cheikh Modibo DIARRA, pour ne pas le nommer, a peut-être eu le tort de vouer à son Chef d’Etat un respect que la plupart des maliens lui refusent. Il faut en effet croire qu’à force de donner du « Monsieur le Président de la République » à longueur de discours, et à force de se référer à ‘’l’autorité’’ de Dioncounda pour tout ce qu’il faisait, lui, le Premier Ministre aux ‘’pleins pouvoirs’’[2], allant jusqu’à lui offrir la paternité des bonnes initiatives qu’il prenait, le génial retraité de la NASA s’est proprement disqualifié. Alors question : les nombreux barbouzes qui peuplent en cette période les palaces bamakois ont-ils misé sur ces petites maladresses pour construire dans l’opinion publique malienne une réputation ‘’d’inconditionnel de Dioncounda’’ à Cheikh Modibo, en sachant que ceci serait fatal au PM ? On peut le croire quand on observe la manière dont, avec le retour à la maison du Président le plus protégé d’Afrique de l’Ouest, la presse occidentale a préparé les maliens au rejet de leur PM. Quel gâchis quand même pour ce brillant intellectuel qui aurait pu valablement prétendre un jour à la direction suprême de son pays, tant le mythe qu’il incarnait était puissant ! Mais peut-être n’a-t-il pas dit son dernier mot…

Quoi qu’il en soit, il semble clair que l’homme fort de Bamako, le Capitaine Amadou Haya Sanogo et sa junte, d’une part et, d’autre part, les partisans du Chef de l’Etat, regroupés dans un front anti-putsch suffisamment informé des nouveaux enjeux, ont entamé depuis hier une lutte feutrée pour le contrôle effectif du pouvoir, autour de celui que les français ont préparé pour jouer un rôle certes discret mais déterminant. Lequel ? L’avenir nous le dira.

En attendant, les maliens attendent avec impatience de prendre connaissance de ce fameux Gouvernement d’Union national sensé apporter la solution à l’occupation du Nord-Mali. Ce GUN bénéficiera-t-il de plus de crédibilité que le précédent. Par quel bout prendra-t-il la question de la reconquête du Nord ? Quelle part sera accordée à la négociation ? Quoi négocier et avec qui ? Avec quel allié s’engagera-t-on dans l’aventure ? Quel rôle jouera la force de la CEDEAO ? Obtiendra-t-on l’aval de l’ONU pour une intervention armée ? Autant de questions qui renseignent bien sur la complexité de la situation. Il faut juste espérer que les manœuvres intérieures pour contrôler le pouvoir et extérieures pour contrôler le Mali ne conduiront pas au pourrissement d’une situation déjà grosse de danger pour toute la sous-région et, au-delà, pour la sécurité du monde.

serigne malick

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[1] D’après les maliens avertis, ADO, comme l’appellent ses supporters ivoiriens, s’est donné pour mission de manœuvrer pour ramener le Mali, considéré trop nationaliste, dans le giron et sous le contrôle de la France. Au vu de l’évolution de la situation, il semble ya avoir réussi.

[2] Au moment de la nomination de Cheikh Modibo DIARRA, l’option retenue par la CEDEAO était bien d’en faire un PM aux pleins pouvoirs, ce qui n’a point été respecté puisque Dioncounda est resté au centre du dispositif de Ouattara et Cie.

EGYPTE, AVENEMENT D’UN NOUVEAU « DERANGEUR » ?

Difficultés de connexion, mauvaise forme, longs et éprouvants déplacements m’ont éloigné un moment de cet espace d’expression et d’échange. Je suis heureux de le retrouver pour, avec vous, poursuivre un compagnonnage devenu indispensable à mon bonheur. J’ai dit « bonheur« , oui. C’est le terme qui convient quand on arrive à donner un sens à sa vie.

L’évènement du week-end, c’est l’élection de Mohamed Morsi, candidat des « Frères musulmans » comme nouveau « Rais » d’Egypte. A ce propos, l’Occident semble partagé entre la sourde et inavouable colère, d’une part et, d’autre part, la satisfaction, quand même, de voir ce scrutin connaître une conclusion conforme à la volonté des égyptiens.

  EGYPTE, AVENEMENT D'UN NOUVEAU

Le quotidien communiste français « l’Humanité », faisant preuve d’une honnêteté exemplaire, annonce, en manchette que « L’annonce de la commission électorale a été accueillie par des cris de joie des manifestants massés sur la place Tahrir au Caire », avant d’écrire plus loin : « De nombreux Egyptiens et des millions de personnes dans la région considéreraient une victoire de l’ex-général Chafik comme un coup mortel aux révolutions du Printemps arabe de 2011 ».

De son côté, « Libération », un autre quotidien,  se plaît à brocarder copieusement le nouveau Président en raillant : « Comment ce petit Frère musulman dans le rang, grandi dans l’ombre des caciques de la confrérie, a-t-il pu devenir le père de la plus grande nation arabe ? Comment celui qui n’a pas senti la révolution s’en retrouve-t-il l’héritier et l’exécuteur testamentaire ? C’est presque par hasard que Morsi est assis dans le fauteuil présidentiel (…) ».

Pourtant 13 millions de citoyens, c’est-à-dire plus de la moitié des électeurs égyptiens, ont exprimé leur préférence pour cet homme que « Libé » traite avec autant de dérision. En vérité, ce qui s’exprime là, c’est un sentiment assez partagé dans la société française, d’une peur mêlée tout naturellement à de la méfiance à l’égard d’un parti se réclamant de l’islam voire de « l’islamisme ». Et Libération l’exprime très bien en écrivant : « Au-delà des révolutionnaires, Mohammed Morsi va devoir convaincre la moitié des Egyptiens qui n’ont pas voté pour lui, souvent par crainte d’un Etat islamiste. Malgré des messages rassurants à l’égard des coptes ou des femmes, ce représentant de l’aile conservatrice de la confrérie a maintes fois répété son attachement à la mise en place de la charia. Et on voit difficilement comment «Morsi le réac» va réussir à policer son image alors que ses seuls réels alliés politiques sont à chercher du côté salafiste ».

Ce que l’auteur de ces lignes semble volontairement oublier, c’est :

- 1°) que Morsi peut penser ce qu’il veut, voire même l’exprimer, mais il ne dirigera pas plus de 70 millions d’âmes sur la base de sa seule conception de la « démocratie » ;

- 2°) que les frères musulmans faisaient aussi partie des « révolutionnaires » qui ont manifesté sur la place Tahrir.

A partir de ce moment, la sagesse n’est pas d’opposer un peuple révolutionnaire à un autre dit « islamiste », mais d’aider le nouveau président et son parti à décrypter correctement le message qui a nourri les revendications et protestations de la place Tahrir.

Du reste, il convient aussi de rappeler que la Démocratie, c’est le respect de la voix du Peuple. Dès lors, pourquoi priverait-on celui-ci de la conception qu’il se fait de cette démocratie ? Si un peuple choisit librement, comme en Tunisie et en Égypte, de se faire gouverner par des « frères musulmans », pourquoi devrait-il voir son choix tant raillé et suspecté cependant que personne ne trouve rien à redire sur l’existence, tout près, d’un état juif voire sioniste ?

Heureusement, comme s’il préjugeait des doutes et craintes de l’occident, le président élu a tôt fait de promettre qu’il serait le président de « tous les Egyptiens« , appelant à l’unité nationale et promettant de respecter les traités internationaux signés par son pays. « Nous voulons la paix. Nous allons préserver tous les traités et chartes internationaux, les engagements et accords« , a-t-il déclaré.

Au peuple égyptien de rester vigilent pour qu’il en soit ainsi. C’est lui que ça regarde au premier chef.

 

 serigne malick

Lu pour vous : FRANCE « LE RACISME DES INTELLECTUELS »

« LE RACISME DES INTELLECTUELS »

Par Alain Badiou, philosophe, dramaturge et écrivain[1]

L’importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d’en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d’achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d’étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie.

C’est déjà du reste cette France « retardataire » qu’on accusait d’avoir voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne. On l’opposait aux classes moyennes urbaines éduquées et modernes, qui font tout le sel social de notre démocratie bien tempérée.

Disons que cette France d’en bas est quand même, en la circonstance, le baudet de la fable, le pelé et le galeux « populiste » d’où nous vient tout le mal lepéniste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-médiatique contre le « populisme ». Le pouvoir démocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique à ce qu’on se soucie du peuple ? C’est l’avis dudit peuple, en tout cas, et de plus en plus. A la question « les responsables politiques se préoccupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ? », la réponse entièrement négative « pas du tout » est passée de 15 % de l’ensemble en 1978 à 42 % en 2010 ! Quant au total des réponses positives (« beaucoup » ou « assez »), il est passé de 35 % à 17 % (on se reportera, pour cette indication statistique et d’autres d’un très grand intérêt, au numéro hors série de la revue La Pensée titré « Le peuple, la crise et la politique » et réalisé par Guy Michelat et Michel Simon). La relation entre le peuple et l’Etat n’est pas faite de confiance, c’est le moins qu’on puisse dire.

Faut-il conclure que notre Etat n’a pas le peuple qu’il mérite, et que le sombre vote lepéniste atteste cette insuffisance populaire ? Il faudrait alors, pour renforcer la démocratie, changer le peuple, comme le proposait ironiquement Brecht…

Ma thèse est plutôt que deux autres grands coupables doivent être mis en avant : les responsables successifs du pouvoir d’Etat, de gauche comme de droite, et un ensemble non négligeable d’intellectuels.

En définitive, ce ne sont pas les pauvres de nos provinces qui ont décidé de limiter autant que faire se peut le droit élémentaire d’un ouvrier de ce pays, quelle que soit sa nationalité d’origine, de vivre ici avec sa femme et ses enfants. C’est une ministre socialiste, et tous ceux de droite ensuite qui se sont engouffrés dans la brèche. Ce n’est pas une campagnarde sous-éduquée qui a proclamé en 1983, que les grévistes de Renault – en effet majoritairement algériens ou marocains – étaient des « travailleurs immigrés (…)agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises« .

C’est un premier ministre socialiste, bien entendu à la grande joie de ses « ennemis » de la droite. Qui a eu la bonne idée de déclarer que Le Pen posait les vrais problèmes ? Un militant alsacien du Front national ? Non, c’est un premier ministre de François Mitterrand. Ce ne sont pas des sous-développés de l’intérieur qui ont créé les centres de rétention pour y emprisonner, hors de tout droit réel, ceux qu’on privait par ailleurs de la possibilité d’acquérir les papiers légaux de leur présence.

Ce ne sont pas non plus des banlieusards excédés qui ont ordonné, partout dans le monde, qu’on ne délivre aux gens des visas pour la France qu’au compte-gouttes, pendant qu’on fixait ici même des quotas d’expulsions que devait à tout prix réaliser la police. La succession des lois restrictives, attaquant, sous prétexte d’étrangeté, la liberté et l’égalité de millions de gens qui vivent et travaillent ici, n’est pas l’œuvre de « populistes » déchaînés.

A la manœuvre de ces forfaits légaux, on trouve l’Etat, tout simplement. On trouve tous les gouvernements successifs, dès François Mitterrand, et sans répit par la suite. En la matière, et ce ne sont que deux exemples, le socialiste Lionel Jospin a fait savoir dès son arrivée au pouvoir qu’il n’était pas question d’abolir les lois xénophobes de Charles Pasqua ; le socialiste François Hollande fait savoir qu’on ne décidera pas les régularisations de sans-papiers autrement sous sa présidence que sous celle de Nicolas Sarkozy. La continuité dans cette direction ne fait aucun doute. C’est cet encouragement obstiné de l’Etat dans la vilenie qui façonne l’opinion réactive et racialiste, et non l’inverse.

Je ne crois pas être suspect d’ignorer que Nicolas Sarkozy et sa clique ont été constamment sur la brèche du racisme culturel, levant haut le drapeau de la « supériorité » de notre chère civilisation occidentale et faisant voter une interminable succession de lois discriminatoires dont la scélératesse nous consterne.

Mais enfin, nous ne voyons pas que la gauche se soit levée pour s’y opposer avec la force que demandait un pareil acharnement réactionnaire. Elle a même bien souvent fait savoir qu’elle « comprenait » cette demande de « sécurité », et a voté sans état d’âme des décisions persécutoires flagrantes, comme celles qui visent à expulser de l’espace public telle ou telle femme sous le prétexte qu’elle se couvre les cheveux ou enveloppe son corps.

Ses candidats annoncent partout qu’ils mèneront une lutte sans merci, non tant contre les prévarications capitalistes et la dictature des budgets ascétiques que contre les ouvriers sans papiers et les mineurs récidivistes, surtout s’ils sont noirs ou arabes. Dans ce domaine, droite et gauche confondues ont piétiné tout principe. Ce fut et c’est, pour ceux qu’on prive de papiers, non l’Etat de droit, mais l’Etat d’exception, l’Etat de non-droit. Ce sont eux qui sont en état d’insécurité, et non les nationaux nantis. S’il fallait, ce qu’à Dieu ne plaise, se résigner à expulser des gens, il serait préférable qu’on choisisse nos gouvernants plutôt que les très respectables ouvriers marocains ou maliens.

Et derrière tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ? Qui sont les glorieux inventeurs du « péril islamique », en passe selon eux de désintégrer notre belle société occidentale et française ? Sinon des intellectuels, qui consacrent à cette tâche infâme des éditoriaux enflammés, des livres retors, des « enquêtes sociologiques » truquées ? Est-ce un groupe de retraités provinciaux et d’ouvriers des petites villes désindustrialisées qui a monté patiemment toute cette affaire du « conflit des civilisations », de la défense du « pacte républicain », des menaces sur notre magnifique « laïcité », du « féminisme » outragé par la vie quotidienne des dames arabes ?

N’est-il pas fâcheux qu’on cherche des responsables uniquement du côté de la droite extrême – qui en effet tire les marrons du feu – sans jamais mettre à nu la responsabilité écrasante de ceux, bien souvent – disaient-ils – « de gauche », et plus souvent professeurs de « philosophie » que caissières de supermarché, qui ont passionnément soutenu que les Arabes et les Noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre système éducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libertés et outrageaient nos femmes ? Ou qu’ils étaient « trop nombreux » dans nos équipes de foot ? Exactement comme on disait naguère des juifs et des « métèques » que par eux la France éternelle était menacée de mort.

Il y a eu, certes, l’apparition de groupuscules fascistes se réclamant de l’islam. Mais il y a tout aussi bien eu des mouvements fascistes se réclamant de l’Occident et du Christ-roi. Cela n’empêche aucun intellectuel islamophobe de vanter à tout bout de champ notre supérieure identité « occidentale » et de parvenir à loger nos admirables « racines chrétiennes » dans le culte d’une laïcité dont Marine Le Pen, devenue une des plus acharnées pratiquantes de ce culte, révèle enfin de quel bois politique il se chauffe.

En vérité, ce sont des intellectuels qui ont inventé la violence antipopulaire, singulièrement dirigée contre les jeunes des grandes villes, qui est le vrai secret de l’islamophobie. Et ce sont les gouvernements, incapables de bâtir une société de paix civile et de justice, qui ont livré les étrangers, et d’abord les ouvriers arabes et leurs familles, en pâture à des clientèles électorales désorientées et craintives. Comme toujours, l’idée, fût-elle criminelle, précède le pouvoir, qui à son tour façonne l’opinion dont il a besoin. L’intellectuel, fût-il déplorable, précède le ministre, qui construit ses suiveurs.

Le livre, fût-il à jeter, vient avant l’image propagandiste, laquelle égare au lieu d’instruire. Et trente ans de patients efforts dans l’écriture, l’invective et la compétition électorale sans idée trouvent leur sinistre récompense dans les consciences fatiguées comme dans le vote moutonnier.

Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du « problème immigré », pour que ne soit pas trop visible qu’ils servaient avant tout les intérêts de l’oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l’hypothèse communiste d’un manteau d’inepties sur le péril islamique et la ruine de nos « valeurs » !

Ce sont eux qui doivent aujourd’hui rendre des comptes sur l’ascension d’un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental.

Alain Badiou, philosophe, dramaturge et écrivain ; LE MONDE | 05.05.2012


[1] Né en 1937, professeur de philosophie à l’Ecole normale supérieure, Alain Badiou articule pensée formelle et récit littéraire, argumentation conceptuelle et intervention politique. Il est notamment l’auteur d’Entretiens I (Nous, 2011), de La République de Platon (Fayard, 596 p., 24,50 €) et, dans la série « Circonstances », aux Nouvelles Editions Lignes, de Sarkozy : pire que prévu, les autres : prévoir le pire.

 

SARKOZY / KHADDAFI, C’ETAIT PAS NET DU TOUT !

SARKOZY / KHADDAFI, C'ETAIT PAS NET DU TOUT ! Nouvelle-image-15

Il existe une race de politiciens sans scrupules qui portent en bandoulière la fameuse idée selon laquelle « la fin justifie les moyens« . Le problème, c’est que les moyens qui vous permettent d’accéder au pouvoir sont ceux-là mêmes qui vous les feront perdre un jour. Pour avoir oublié cette vérité, nombre d’hommes politiques se sont mordu les doigts au moment d’une déchéance aussi dure qu’elle était imprévisible.

La promptitude de Nicolas Sarkozy et l’activisme débordant dont il a fait preuve pour convaincre américains et russes de « dégager » voire liquider M. AL Khaddafi m’a toujours paru suspect. Aujourd’hui, à moins d’une semaine du second tour d’un scrutin qui risque de lui être fatal,  Sarko a beau menacer de porter plainte contre Mediapart, la voix par laquelle est révélé le « prétendu scandale », le mal est fait. En effet, comment empêcher les français de se poser des questions et de… douter ? un doute qui, naturellement, va lourdement peser sur leur choix au matin du 6 mai 2012.

Souvenons-nous :

Décembre 2007 : Sarkozy invite Khaddafi à effectuer une visite officielle en France. Le Guide, flanqué de 400 accompagnants, dont ses 40 amazones et ses chameaux, débarque à Paris. Il a fallu 5 avions pour transporter tout ce monde, plus les véhicules blindés et toute une logistique. L’hôtel Marigny est leur territoire ; Khaddafi exige même d’y dresser une tente de bédouin pour ses audiences. Paris n’en revient pas et les militants des droits de l’homme de tous bords, dont la ministre Rama Yade, s’émeuvent et protestent ; mais bizarrement, peu de gens se posent la bonne question : Pourquoi ?

Février 2001 : la crise libyenne éclate et Khaddafi mate la rébellion partie de l’Est  du pays.

Mars 2011 : à la suite d’un puissant lobbying du Président français, flanqué du Premier Ministre du Royaume Uni, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 1973, autorisant des frappes aériennes contre les forces de Khaddafi, soi-disant pour protéger le peuple libyen. L’application de la résolution est immédiate.

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Mars 2011  : Saïf Al-Islam accorde une interview à Euronews ; il déclare ceci :

<< Tout d’abord, il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. La première chose que l’on demande à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen. Nous lui avons accordé une aide afin qu’il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçu. Rendez-nous notre argent. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement >>. Sarkozy se bouche les oreilles et intensifie, aux côtés de ses alliés, la recherche de l’homme à abattre.

Finalement, Khaddafi-père a été éliminé de la manière la plus sauvage, mais le fils a survécu. Cela signifie que si cette histoire que révèle Mediapart est avérée, Sarko ne fait que retarder l’échéance en s’en prenant à l’organe de presse. La vérité éclatera tôt ou tard et, franchement, ça ne risque pas d’être beau, surtout si, entre-temps, le Président français a la malchance de perdre le pouvoir.

serigne malick

LIRE AUSSI SUR   « MEDIAPART » : http://www.mediapart.fr/journal/ 

<< SARKOZY-KHADDAFI : LA PREUVE DU FINANCEMENT

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Selon un document officiel libyen, le régime de Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d’euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le chef des services libyens d’alors y évoque des réunions préparatoires avec Brice Hortefeux et l’intermédiaire Ziad Takieddine. « Ce document prouve qu’on est en présence d’une affaire d’Etat », confirme ce dernier >>.

28 avril 2012 | Par Fabrice Arfi et Karl Laske

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Traduction du document ci-dessus (Traduit par Mediapart) :

« Service de la sécurité extérieure

Frère / Président du Fonds libyen des investissements africains

Que la paix soit sur vous… En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur /Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros.

Nous vous confirmons l’accord de principe quant au sujet cité ci-dessus, et ce après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens, et le président du Fonds libyen des investissements africains, et du côté français, Monsieur /Brice Hortefeux, et Monsieur /Ziad Takieddine, et au cours de laquelle un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement.

Que la paix soit sur vous et la miséricorde de Dieu et ses bénédictions… »

Moussa Imuhamad Koussa

Chef du service de la sécurité extérieure »

LIBERIA : CHARLES TAYLOR COUPABLE !

LU DANS  LIBERIA : CHARLES TAYLOR COUPABLE ! logopays111-150x32  quotidien indépendant du Burkina Faso

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« Coupable ! ». C’est le mot qui aura retenu le plus l’attention, hier 26 avril 2012, au Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) délocalisé près de La Haye et où était jugé depuis 2008 l’ancien chef de l’Etat libérien, Charles Ghankay Taylor. Au terme de quatre années de procès, Charles Taylor vient donc d’être reconnu coupable des onze chefs d’accusation qui pesaient contre lui et qui plongent leurs racines dans la guerre civile en Sierra Leone de 1991 à 2001. Une guerre dans laquelle l’ex-homme fort de Monrovia est accusé d’avoir pris fait et cause pour la rébellion du Front révolutionnaire uni (RUF) qu’il a aidée matériellement et financièrement, en échange de diamants.

Même s’il n’a jamais mis les pieds en Sierra Leone ou fait le coup de feu aux côtés des rebelles du RUF, Charles Taylor est tenu pour responsable des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité que ses protégés ont commis. Pour la peine qui va lui être infligée (qu’il devrait purger en Grande Bretagne), celui qui a dirigé le Libéria de 1997 à 2003 va devoir attendre le 30 mai prochain pour être situé. En attendant cette deuxième partie du verdict, l’ex-seigneur de guerre a tout juste deux semaines pour faire appel du premier acte.

Accusé emblématique du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, Charles Taylor est devenu aujourd’hui le premier chef d’Etat, depuis 1946, à être condamné par une juridiction internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Mais, pouvait-il en être autrement ? On échappe difficilement à son destin, aussi triste ou cruel soit-il. Sinon qui, à commencer par Charles Taylor lui-même, aurait cru un seul instant que celui qui avait droit de vie et de mort sur les Libériens, allait se retrouver derrière les barreaux comme un vulgaire malfrat ?

Le triste sort de Mister Taylor doit interpeller et servir de leçon aux dirigeants, surtout ceux d’Afrique, qui martyrisent leur peuple. Ils doivent savoir que si les juridictions nationales n’osent pas les inquiéter, il y a, fort heureusement, la justice internationale devant laquelle ils ne manqueront pas de rendre compte, un jour, de leurs crimes. Ils auront beau crier à une justice sélective, injuste, impérialiste, il n’y aura personne pour les sauver. Si ces dirigeants sanguinaires veulent éviter cette honte, ils doivent revoir leur copie, leur gouvernance pendant qu’il est temps. Rien ne peut justifier l’acharnement d’un dirigeant contre son propre peuple duquel il détient, paradoxalement, son pouvoir. Et c’est dommage qu’il faille une justice internationale pour rappeler à certains ce qu’ils sont censés savoir. Reste que cette justice doit démontrer qu’elle est au service de toutes les victimes du monde, en traquant les bourreaux partout où ils sont >>.

 Séni DABO

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Mon avis :

J’ai aimé ce « papier » pour son ton impertinent, mais juste. J’ai également aimé la leçon que l’auteur donne aux nouveaux « justiciers du monde », genre TPI, qui ne voient de dictateurs et criminels qu’en Afrique.

Mais où sont-ils donc passés tous ces politicards qui battaient campagne avec les millions de Ch. Taylor ? Ils sont bien silencieux aujourd’hui, au grand dam de Mr Charles… C’est peut-être bien ce type de problème qui disqualifie l’Afrique dans la poursuite des présumés criminels contre l’Humanité. Chez nous on a coutume de dire « ku ëmb sa sànqal ëmb sa kersa ».[1]


[1] Celui qui te doit sa nourriture sera toujours complaisant à ton égard.

serigne malick

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