La Société Civile en questions

Ce texte fait la somme des 2 articles (dont une simple annonce) que j’avais publiés à la suite de la Conférence contradictoire tenue par le FORUM CIVIL le 16 avril 2011 à THIES (Sénégal). L’édition de cette page se justifie par le fait que ce  »compte rendu » avait été noyé dans un article à double objectif. Il s’agit donc d’un traitement visant à rendre ce  »papier » plus visible sur mon blog.

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Le samedi 16 avril 2011, la section thiessoise du Forum Civil (Section sénégalaise de Transparency internationale) a eu la belle idée d’organiser une conférence publique contradictoire sur le thème « Rôle et place de la société civile dans une démocratie ». Le sujet a été introduit par le président de cette association, M. Mohammadou MBODJ.

La rencontre a vu la participation d’un public nombreux et varié. Outre les acteurs politiques et les autres citoyens de la ville, des personnalités religieuses représentatives de l’Islam et de l’Eglise y ont pris part. En raison de l’intérêt du sujet traité, un passionnant débat a retenu l’assistance jusqu’au-delà de 20H.

Le public n’a pas été déçu d’avoir fait le déplacement. Parce que des positions intéressantes ont pu s’affirmer à la tribune des contradicteurs et autres contributeurs ; mais aussi et surtout en raison de la manière dont M. MBODJ a traité le sujet. Utilisant à merveille un cocktail fait de rappels historiques, de références philosophiques et d’illustrations concrètes sonnant comme de sévères dénonciations, il ne s’est pourtant jamais départi de ce ton calme et très courtois qui le caractérise. Un artiste du verbe dont le discours a probablement pu convaincre l’essentiel de son auditoire du jour que <<le Forum Civil n’était en compétition avec aucun pouvoir établi>>.

C’est justement là que réside pour moi l’intérêt de cette rencontre. Elle a en effet permis au Président du Forum Civil de « caler » avec précision la posture de la société civile dont son association est membre à part entière.

Le conférencier a en effet rejeté les prétentions des acteurs politiques (parti au pouvoir et même partis d’opposition) qui « cherchent souvent à fixer les règles, en lieu et place de la loi, en invitant la société civile à se déterminer« . Il est ensuite revenu sur cette fameuse étiquette de « nébuleuse » collée à la société civile parce que, justement, elle brouille la vision de tous ceux qui se réfèrent au « jacobinisme » français. Enfin campant le terrain de la société civile, après une brève référence à Hegel (qui avait déjà situé « l’émergence » de celle-ci « au moment de la naissance du corporatisme »), M. MBODJ a affirmé que la société civile n’était pas une organisation, mais un espace, l’ensemble du mouvement associatif (cf. les « Dahiras »[1], Associations sportives et culturelles, « cœurs vaillants, âmes vaillantes », etc.).

Notons, par ailleurs, que le conférencier a accordé une large place à l’éclairage des concepts de  »démocratie directe« , « démocratie indirecte« , tout en situant à chaque fois la posture à adopter par la société civile en tous lieux et en tous temps. Il a accordé, par bonheur dirons-nous, une place de choix au plaidoyer pour la « transparence«   et la « redevabilité« , après avoir précisé que le rôle de la société civile était de « contrôler » et « critiquer » au lieu de « déléguer« . A mon humble avis… Cette rencontre est importante en ce qu’elle permet, enfin, d’apporter des réponses claires, à la fois :

i.        à ceux qui croient que la société civile est une catégorie politique ayant même le droit de participer au gouvernement (cf. les prétendus représentants de la société civile qui se font coopter comme ministres) ;

ii.      et à ceux-là qui font le procès à des associations comme le Forum civil de constituer une opposition encagoulée.

Politique, la société civile ? Pourquoi donc ne le serait-elle pas ? Les problèmes que pose la société quand elle peste contre les coupures d’électricité, quand elle revendique le droit d’être consultée avant les découpages administratifs ou avant la signature de certains contrats et conventions (dans la pêche et l’exploitation de richesses minières par exemple) ne sont-elles pas éminemment politiques ? Cela fait-il de ces citoyens des  »politiciens » ? Que non ! Les citoyens qui dénoncent, critiquent et revendiquent n’ont rien à voir avec ces chasseurs de voix qui, sacoche de deniers (de l’Etat parfois) en bandoulière, parcourent le territoire en quête d’un mandat électif ou d’une position confortable aux côtés du Prince. Les  »manifestants » ou autres  »marcheurs » qui s’expriment ici et là se préoccupent tout juste d’améliorer un tant soit peu leurs moyens et cadre de vie, face à l’incapacité ou à la démission des pouvoirs publics.

Cela dit, il faut reconnaître que les animateurs du Forum civil ne sont pas au bout de leurs peines. Leurs efforts (qui doivent se poursuivre) pour clarifier leurs rôles, responsabilités et postures buteront toujours, quoi qu’ils disent et fassent, sur l’incompréhension et l’intolérance d’une bonne frange de l’Etat et de certains acteurs politiques qui auront toujours tendance à se boucher les oreilles pour cultiver un certain besoin (pour ne pas dire un besoin certain) d’exclusivité.

Il faut plutôt compter sur la jeunesse de nos pays qui se montre de plus en plus apte à relever le défi des changements à opérer, de la bonne gouvernance et de
la crédibilité. Travaillons donc davantage pour changer la marche du monde, mais soyons convaincus que l’espoir est pour demain. C’est mon humble avis.

serigne malick



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